Témoignages à Chamalières

Ce mardi 12 mars, La LOCO était présente sur Chamalières dans le Puy de Dôme, invitée par les membres de l‘équipe d’animation paroissiale.

A Marseille, le pape François avait lancé un appel vibrant en faveur des migrants : « Nous ne pouvons plus assister aux tragédies des naufrages provoqués par le fanatisme de l’indifférence ». C’est probablement cet appel qui a mobilisé l‘équipe d’animation paroissiale pour répondre à la sollicitation d’adhérents de la LOCO de Chamalières.

Cette soirée entrait dans le cadre d’une des missions de la LOCO qui consiste à permettre aux demandeurs d’Asile et réfugiés de témoigner afin de participer à la transformation des mentalités et de faire comprendre ce qui motive ces personnes à venir en France.

Ensemble nous avons fait résonner en nous : « On ne peut rien faire pour les migrants, on ne peut pas aider ces gens-là ? »

Souvent, les membres de la LOCO entendent cette question. Un des objectifs de l’Association est de permettre au plus grand nombre de se la poser et de chercher à trouver une réponse.

Le « on » peut percuter… Le mot « migrant » et l'expression « ces gens-là » aussi.


Lors de cette soirée, L. de la République Démocratique du Congo, Sifatullah et Noori d’Afghanistan nous ont raconté avec une dignité sans égale le pourquoi du départ de leur pays et l'enfer de leurs parcours pour arriver en France.

Lors du partage de la soirée, face au « On ne peut rien faire », des personnes ont dit combien leurs actions et celles d’autres personnes prouvent que ce n'est pas vrai. On peut s'émouvoir, se révolter. Partager notre émotion et notre révolte. « On ne peut pas aider » ? Si, on peut. Des personnes et des associations font leur part.
Et cela commence peut-être par ne pas détourner le regard.

A travers leurs témoignages, L. Sifatullah et Noori, rejoints par Kinana et Khaled nous ont fait prendre conscience qu’ils sont des enfants, des femmes et des hommes qui marchent.
Ils marchent sur la Terre, à la recherche d'une vie meilleure, car personne ne fuit le bonheur.

« Accueillis à saint Genès-Champanelle (63), invités par l'association le Cyrénéen,  en décembre dernier (Témoignage de Salah : faire comprendre, changer le regard, être accueilli… | La Loco) nous avions participé à une soirée de rencontre  avec Salah, Khaled, Walid et Quinana son épouse  et les avions  écoutés  avec intérêt et émotion nous dire pourquoi ils avaient dû quitter leurs pays ( Syrie , Afghanistan..), et comment ils étaient arrivés en France, puis avaient été  accompagnés par la Loco.   Tous ces prénoms comptent maintenant pour nous puisque nous essayons de les accueillir régulièrement à la maison et que nous partageons de vrais bons moments.

Hier soir,13 mars, c'est la paroisse Ste Croix des Puys, Chamalières qui nous a permis de réentendre leur témoignage et celui d'autres migrants. Dans l'intervalle, Quinana et Walid ont eu un petit garçon, Rashid qui était là avec nous pour écouter cette fois :  L. (Congo), Sifatullah et Noori (Afghanistan) Khaled ( Irak) et A. (Burundi).

Ils sont heureux de raconter et de partager, nous sommes heureux de les écouter et pour notre part, nous avons été vraiment très heureux de voir Quinana, peu habituée à cet exercice, se lever, face à l'assistance, pour nous dire pourquoi sa famille lui manquait tant, mais pourquoi aussi elle ne voulait pas retourner en Syrie...

Changer de regard, accueillir, être vrais ..., pour nous aussi, "c'est aimer la vie". »  

A et B
« Merci cette soirée et de ces interventions au cœur de la réalité en témoignages et en chanson.

J’ai beaucoup aimé tous ces partages et je vois les progrès des protégés de La LOCO qui s’expriment de mieux en mieux ; j’écoute avec plaisir aussi la chanson de cet artiste »

Alix
Image
Chamalieres


Annie, Bernard et Alix évoquent une chanson que A. a chanté lors de la soirée. Chanson co-écrite avec d’autres migrants et bénévoles de La LOCO. En voici les paroles :

Nous qui franchissons les frontières
Nous qui quittons nos pères nos mères
Nous qui venons trimer sur vos terres
Nous qui nous noyons dans vos mers

Nous aussi nous aimons la vie
Quand nous en trouvons le chemin

Nous les écorchés de la vie
Nous les bras cassés en sursis
Nous les inutiles les baltringues
Qui vous coûtent un argent de dingues

Nous aussi nous aimons la vie
Quand nous en avons les moyens

Nous que l'on oublie dans le noir
Vieux qu'on abandonne au mouroir
Nous les sans-le-sous, les sans-dent
Nous les illettrés les fainéants

Nous aussi nous aimons la vie
Si nous en trouvons le chemin

Nous qui survivons sous les bombes
Nous dont les maisons sont nos tombes
Nos enfants qui vivent vaille que vaille
Jouent dans les rues sous la mitraille

Nous aussi nous aimons la vie
Quand nous en trouvons le chemin

Nous à qui on vole même les mots
À qui on donne des noms d'animaux
Nous les invisibles crèves-la-faim
Nous qui n'comptons vraiment pour rien

Nous aussi nous aimons la vie
Quand nous en trouvons le chemin

Nous qui franchissons les frontières
Nous qui quittons nos pères nos mères
Nous qui venons trimer sur vos terres
Nous qui nous noyons dans vos mers

Nous aussi nous aimons la vie

Jeudi 14 mars 2024