Le cours de Français du Vendredi de Florence G.

Florence G.

Florence G.* qui donne son cours de Français le vendredi matin et à qui j'avais demandé un petit article, nous a envoyé une photo (ci-dessus) et ce texte :

Ce matin le sujet du cours de français était "le bricolage"; échanges animés et joyeux ! 

Je la rappelle pour lui dire que c'est un peu court. "Ça ira bien", me répond-elle. 

Bon, je sens que je vais être obligé de m'y coller.
Et pour avoir un peu de matière à rédiger, je tente de lui tirer les vers du nez (c'est une expression très imagée **).

Donc ce vendredi matin, Florence a fait un cours de français sur le bricolage - les objets, les verbes, les expressions qui s'y rapportent. Le public du cours, une quinzaine de personnes, est essentiellement afghan. Leur niveau de français est très disparate: entre certains qui en quelques mois ont fait des progrès phénoménaux (Idriss) et d'autres qui parfois n'ont pas été scolarisés dans leur pays, ne connaissent pas même la graphie de leur propre langue et ont donc, tant au niveau de l'écrit que de l'oral, des difficultés énormes, il y a un fossé.
Mais ça ne gêne pas Florence: elle me dit qu'elle se met au niveau de chaque individu et que les élèves s'aident mutuellement, les plus avancés aidant ceux qui ont plus de difficultés en leur expliquant dans leur langue maternelle.

A base d'images, d'anecdotes et de comparaisons interculturelles, ils ont donc pu à la fois acquérir un vocabulaire nouveau mais aussi formuler (en français) leur propre expérience en la matière. 
Les mots ayant les mêmes racines (escabeau/escalier), les quasi-homophonies prêtant à confusion (le rouleau à pâtisserie / le rouleau à tapisserie). Les changements de sens selon le contexte (bricoleur péjoratif par opposition à professionnel ou bien bricoleur génial type MacGyver), il y a des tas de façons d'apprendre une langue.
Au bout du compte l'apprentissage d'une langue, c'est aussi du bricolage.

Voilà, j'ai quand même tenu une quinzaine de lignes.

* A ne pas confondre avec Florence L.

** L'origine de l’expression « tirer les vers du nez » est très controversée et fait l'objet de différentes hypothèses. La plus populaire indique qu’elle viendrait des vers rinaires, des parasites qui s’invitaient dans le nez des humains et les rendaient fous. Comme il était mal vu d’en avoir, les médecins devaient interroger leurs patients pour les faire avouer que c’était leur cas, avant de pouvoir leur tirer les vers hors du nez… Bien qu’elle soit amusante, cette hypothèse est fausse.
La première hypothèse est que « tirer les vers du nez » rapporterait au latin verum, « le vrai ». Il s’agirait donc d’une formulation imagée de « tirer la vérité du nez ». D’autres, comme le lexicologue Alain Rey, pensent tout de même que l’expression se rapporte bel et bien au ver de terre. Selon lui, « tirer les vers du nez » ferait référence au fait d’arracher quelque chose d’inavouable, de honteux, de sale à quelqu’un. D’ailleurs, l’expression existe quasiment à l’identique en anglais : « To worm a secret out of somebody » (soutirer un secret à quelqu’un). « Worm », ici utilisé comme un verbe, signifie « ver de terre ».

 

Mercredi 12 juillet 2023

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